La récolte Artemisia annua

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On peut espérer récolter 1,5 kg de feuilles et de tiges fraîches, soit environ 375 g sec par plante.
L’Artemisia annua repousse de plus belle après une coupe. Il a été prouvé au Sénégal qu’un recépage permet de récolter jusqu’à 2x plus de biomasse et est plus rentable qu’une seule coupe finale si la croissance des plantes le permet ! [2]

Les boutons floraux sont ronds, verts et très petits. L’Artemisia annua est riche en principes actifs et donc efficace lorsqu’elle est récoltée avant et pendant la production de fleurs. Les fleurs sont très petites, jaunes et discrètes. Dès que les fleurs fanent et lors de la fructification, la plante n’a plus tous les principes actifs ! Elle ne doit alors plus être utilisée pour ses propriétés médicinales.

Les récoltes de recépages sont transformées et utilisées comme la récolte finale.

Laisser monter en fleurs les plants les plus beaux et productifs afin de récolter leurs graines ! (Voir fiche Production de semences.) Il faut donc les désigner avant le recépage et ne pas les couper.

L’OMS déconseille absolument de récolter en saison de pluies car l’excès d’humidité favorise la fermentation microbienne et le développement de moisissures. [2]
La Maison de l’Artemisia recommande d’ajuster le calendrier cultural afin de récolter en saison sèche. (Voir fiche Premier essai)
La récolte doit être effectuée dans les conditions les plus sèches possibles (idéalement en milieu de journée) et mise à sécher immédiatement. [2]
Toutes les règles d’hygiène doivent impérativement être respectées !

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Recépage

Environ 2 mois après la transplantation, lorsque les plus grandes plantes du champ atteignent 1 m de haut.
1
En saison sèche,
s’il y a beaucoup de poussière et de terre sur les plantes, les rincer le matin de la veille de la récolte en les arrosant abondamment à l’eau propre !
2
En climat sec,
couper les plantes à 30 cm de hauteur à l’aide d’un sécateur nettoyé et séché.
Veiller à ne pas couper plus bas sinon l’Artemisia meurt.
3
Récolter
aussi les branches du bas (qui vont jaunir rapidement).
4
Répandre
2 grosses poignées de compost autour du pied de la plante pour favoriser la reprise du développement.
Bien rincer les branches à l’eau si elles sont sales.
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Cette pratique permet de doubler la production en saison sèche mais ne semble pas adaptée aux climats humides.

La coupe à 30 cm favorise alors l’entrée de maladies. Il est donc recommandé en climat humide de pratiquer un léger recépage en coupant uniquement les rameaux extérieurs afin de provoquer la ramification de la plante, induisant une plus grande production de biomasse.
Plusieurs recépages sont possibles avant la récolte finale si les plantes atteignent à nouveau 1 m de haut et que le climat permet de garder la culture en champs 2 mois supplémentaires.

Récolte finale

5 à 6 mois après la transplantation, en fin de floraison OU en fin de période optimale de séchage.
1
En saison sèche,
s’il y a beaucoup de poussière et de terre sur les plantes, les rincer le matin de la veille de la récolte en les arrosant abondamment à l’eau propre !
2
Couper
les plants à la base à l’aide d’une machette nettoyée et séchée.
3
Retirer
les racines du champ car elles diminuent le rendement des prochaines cultures.

Les racines peuvent être compostés ou bien mises dans l’alcool car la teinture mère obtenue aide à la digestion (voir recettes de transformation). Nettoyer les racines à sec en utilisant une brosse métallique ou à chiendent OU en les laissant tremper dans de l’eau afin d’enlever la terre avant de les brosser. Dans ce cas, bien les éponger bien après le lavage et avant de les mettre à sécher.

4
Pour les plants semenciers
réduire de moitié l’arrosage après la floraison pour favoriser la production de semences germinatives.
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On veillera à assurer qu’aucune matière étrangère, mauvaise herbe ou plante toxique n’est mélangée avec les matières végétales médicinales récoltées. Les matières récoltées qui sont endommagées ou décomposées devront être recherchée et éliminées pendant et après récolte afin d’éviter toute contamination microbienne et toute perte de qualité du produit. [2]
Les matières récoltées ne doivent pas être entassées sur le sol. Le contact avec le sol doit être évité pour réduire au minimum la charge microbienne des matières végétales médicinales récoltées. Si nécessaire, on pourra étendre sur le sol de grandes pièces de toile propre pour isoler la récolte. [2]
Elles devront être rassemblées dans des contenants tels que des sacs, paniers, brouettes ou remorques propres et secs. Il faut aussi éviter toute humidité résiduelle et contamination éventuelle par la terre ou autres matières. [2]
Le matériel, doit être rangé dans un endroit sec à l’abri des ravageurs, hors de portée du bétail et des animaux domestiques [2].
Il faut éviter tout dommage mécanique ou tassement des matières végétales médicinales brutes, résultant par exemple du remplissage excessif ou de l’empilement des sacs et susceptible d’entraîner une décomposition des matières ou toute autre perte de qualité. [2]

Références

1. Van Damme P. Optimisation de la production de l’armoise annuelle (Artemisia annua L.) sur le domaine de l’organisation « Le Relais – Sénégal » à Yendane (région de Thiès, Sénégal). Mémoire de master bioingénieur en sciences agronomiques, sous la direction de Pr. Guy Mergeai, Gembloux, Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège). 2016.

2. World Health Organization. Directives OMS sur les bonnes pratiques agricoles et les bonnes pratiques de récolte (BPAR) relatives aux plantes médicinales. 2003.
Disponible sur : http://apps.who.int/medicinedocs/en/d/Js5526f/