La production de poudre

La poudre est un produit très sensible aux contaminations par les moisissures et les bactéries, car elle attire fortement l’humidité et le broyage en fines particules augmente considérablement la possibilité de pénétration des micro-organismes et l’oxydation des molécules actives. Elle est toutefois parfois utile et efficace sous certaines conditions pour constituer des gélules, ou l’associer à des aliments et même fabriquer des suppositoires.

Il faut préparer la parcelle pour le repiquage en même temps que la pépinière !
Ces opérations sont coûteuses en mains d’œuvre et peuvent prendre du temps. Il faut s’y prendre environ 2 mois avant la mise en culture !

Avant toute manipulation, les mains doivent avoir été lavées longuement avec du savon, les équipements et tous les ustensiles doivent être propres et secs, passés au produit désinfectant. (On peut utiliser du vinaigre d’alcool blanc. L’alcool à 90° ne détruit pas tout et l’eau de javel est dangereux pour la santé s’il n’est pas abondamment rincé. Pour une solution naturelle, 5L d’eau avec 10ml d’huile essentielle de palmarosa, 10 ml d’huile essentielle de tea tree et 10 ml d’extrait de pépin de pamplemousse peut être utilisé). Toute personne manipulant les plantes doit porter une blouse, un masque et des gants à usage unique propres et secs.
Il faut être très méticuleux lors de la transformation sous forme de poudre afin d’éviter tout risque de contamination.

1
inspecter

la récolte séchée pour retirer les matières tachées, moisies et endommagées ainsi que les particules de terre, les cailloux et autres matières étrangères [1]. Il existe une grande disparité de couleurs de tiges (rouge, vert et brun) et de feuilles (vert et brun) qui ne sont pas des indicateurs de qualité.

2
Couper
les feuilles et les tiges au pilon ou grâce à un broyeur à marteaux classique avec 16 ou 24 marteaux pour obtenir des segments les plus fins possible.
3
Entreposer
si besoin le broyat dans des caisses hermétiquement fermées et dans un endroit ventilé et tempéré, à l’ombre.
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Tamiser
avec un tamis fin (maille de 2 mm au maximum) est indispensable pour pouvoir remplir des gélules correctement ou mettre dans du miel.
5
Stocker
la poudre fine dans des pots hermétiquement fermés et dans un endroit ventilé et tempéré, à l’ombre.
6
Mettre
les pots de poudre fine 3 jours au congélateur pour permettre de tuer d’éventuels œufs d’insectes qui pourraient se trouver sur les tiges et feuilles.
7
Conditionner

la poudre dans des petits pots ou sachets propres et sec, de préférence neufs [1-2].

 

Utiliser du papier kraft accepté pour l’hygiène alimentaire ou du plastique alimentaire et fermer hermétiquement à l’aide d’un scotch, un nœud ou autre système fiable.

Gélules

Les gélules ont plusieurs tailles (0 pour les plus petites, 00 pour les moyennes et 000 pour les plus grandes) et doivent être en matière végétale (sans apport de gélatine animale). Elles sont achetées vides, fermées et fournies avec un gélulier. Les gélules 0 contiennent 0,25 g de poudre environ et sont les plus faciles à avaler pour des enfants, les 00 contiennent environ 0,5 g et les 000 0,8 à 1 g en fonction de la finesse de la poudre et du tassage. Le principe est simple : On ouvre les gélules, on pose la grande partie dans les petits trous du gélulier, on remplit de poudre les gélules (en versant de la poudre sur le gélulier et en raclant avec une réglette), on tasse 2 fois (avec un clou propre par exemple) et on referme la gélule avec le petit couvercle. C’est le gélulier le plus simple. Il en existe des semi-automatiques ou des machines. Tous les matériaux de conditionnement ou entrant en contact avec la poudre devront être non polluants, propres, secs et en bon état et être conformes aux normes de qualité pour les matières végétales médicinales concernées [1]. Les matériaux de conditionnement réutilisables devront être bien nettoyés et séchés avant réutilisation [1]. Stocker dans un endroit propre, sec et à l’ombre, sans ravageurs, inaccessible au bétail, animaux domestiques et autres sources de contamination [2].

Références

1. World Health Organization. Directives OMS sur les bonnes pratiques agricoles et les bonnes pratiques de récolte (BPAR) relatives aux plantes médicinales. 2003. Disponible sur : http://apps.who.int/medicinedocs/en/d/Js5526f/

2. World Health Organization. WHO monograph on good agricultural and collection practices (GACP) for Artemisia annua L. 2006. Disponible sur : http://www.who.int/malaria/publications/atoz/9241594438/en/