La culture Artemisia afra

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L’Artemisia afra étant un buisson vivace, il faut réfléchir à son implantation qui sera définitive ! Une fois implantée depuis plusieurs mois en terre, elle supporte mal d’être retransplantée ailleurs.

Il faut prévoir au grand minimum 1 m entre les plants d’Artemisia afra car ils prennent au moins 1 m en largeur lors de leur croissance.

On peut par exemple planter en lignes des plants d’Artemisia afra espacés de 1 m pour qu’ils se touchent et prévoir un espace de 2 m entre ces lignes afin de permettre le marcottage et le passage pour la récolte.

Il est recommandé d’adapter ces mesures en alternant l’Artemisia avec des arbres, cultures maraichères et vivrières.

Il est aussi tout à fait possible de cultiver des plants individuels, en pot ou en pleine terre.

Préparation du lieu de plantation

Il faut parfois préparer la zone de repiquage 2 mois avant la mise en terre ! Ces opérations sont coûteuses en mains d’œuvre et peuvent prendre du temps.

1
Clôturer

si possible le lieu de culture pour éviter les dégâts dus aux animaux divaguant et aux poules qui déterrent les tiges enfuies pour marcottage.
Les bovins ne doivent pas pénétrer sur les lieux de culture [1].

2
Défricher, herser et labourer

superficiellement uniquement si besoin. Eviter absolument l’agriculture sur brûlis qui anéanti la vie du sol !

.

3
Ratisser

pour éliminer les cailloux et mauvaises herbes.

4
Apporter des amendements organiques

si le sol est pauvre
(voir Guide d’AGRISUD [2] p 97 à 103 - Fumure organique de fond).

5
Biner

pour ameublir le sol et former des planches de culture ou des billons en fonction des habitudes.

6
Faire des sillons

(drains) pour drainer le sol si la culture a lieu en saison des pluies.

Transplantation

1
Faire un trou

d’au moins la profondeur d’une main (20 cm, en fonction des racines).

2
Arroser ce trou

généreusement afin d’ameublir le sol pour faciliter la transplantation ainsi que la reprise des jeunes plantules (en système intensif, mouiller la parcelle durant 4h, à raison de 15 mm).

3
Bien émietter la terre

y ajouter et bien mélanger une grosse poignée de compost (200 g environ).

4
Arroser

la pépinière ou lieu de multiplication avant d’y prélever les plantes

5
Repiquer

la plantule en maintenant une motte de terre autour des racines.

6
Faire une petite cuvette

autour de la plante pour garder l’eau proche de ses racines

Paillage

Pailler les planches avec de la matière organique (déchets végétaux verts) fraîche ou sèche permet de limiter le besoin en eau, le désherbage, l’érosion du sol et d’apporter des éléments nutritifs supplémentaires.

On peut utiliser tout type de pailles, fanes, herbes, résidus de cultures de céréales, plants de maïs coupés ou broyés, feuilles de palmier à huile décomposé, … Eviter les copeaux de bois provenant de la scierie car ils sont trop acides. Favoriser les produits locaux de récupération ! (Voir Guide AGRISUD [2] p 143 à 144 – Paillage.)

Par exemple, au Bénin la citronnelle est taillée tous les 15 ou 21 jours afin de produire le paillage nécessaire. Au Togo, le BRF (Bois Raméal Fragmenté) a donné de bons résultats avec du broyat de paille de riz, branches de palmiers, jeunes branches vertes de Moringa et de Neem.

Un système de culture sur couverture végétale ou des plantes de couvertures peuvent aussi être envisagées (voir Guide AGRISUD [2] p 197 à 207).

1
Arroser généreusement

chaque plante matin et soir chaque jour à l’arrosoir, au tuyau d’arrosage, par aspersion ou goutte-à-goutte durant les 3 premiers mois. Irriguer tôt le matin et tard le soir ou la nuit permet de réduire l’évaporation (perte d’eau).

Lorsque l’Artemisia afra est transplantée depuis 3 mois, si elle s’est bien établie, on peut alors arroser uniquement 2 à 3 fois par semaine.

2
Désherber

régulièrement au début puis chaque mois environ, en fonction des mauvaises herbes.

Lorsque l’Artemisia afra est transplantée depuis 3 mois, si elle s’est bien établie, on peut alors arroser uniquement 2 à 3 fois par semaine.

3
Apporter du compost

après chaque désherbage.

Appliquer 1 poignée 1 mois après la transplantation, 2 poignées 2 mois après la transplantation, 3 poignées 3 mois après la transplantation et 4 poignées 4 mois après la transplantation donne de bons résultats.

ATTENTION à ne pas recouvrir les feuilles pour éviter le risque de brûlure ! Répartir le compost en cercle autour de chaque plante.

Ne pas noyer le sol mais bien l’humidifier. Réduire l’arrosage en fonction des pluies en saison des pluies.

Les apports nutritifs sont différents en fonction du type de compost. Le compost de fientes de volailles apporte environ 3 fois plus d’azote que celui à base de fumier d’âne-cheval, bovin, porc ou de déchets verts. Il faut adapter les doses et mettre 3 fois plus de compost autre que de fientes de volailles !

4
Surveiller les plantes

de manière régulière pour agir rapidement en cas d’attaque de maladies (tel que l’apparition de moisissures si l’arrosage est trop important) ou de ravageurs (chèvres, lapins, bœufs, termites, criquets, …) !

5
Assurer

une protection éventuelle contre le vent ou le soleil par un système d’ombrage au début de la mise en terre.

6
Ne pas s’inquiéter

de la variation de formes et de la hauteur des plantes.

Références

1. World Health Organization. WHO monograph on good agricultural and collection practices (GACP) for Artemisia annua L. 2006. Disponible sur : http://www.who.int/malaria/publications/atoz/9241594438/en/
2. AGRISUD. L’agroécologie en pratiques – GUIDE édition 2020. 2020. Disponible sur : http://www.agrisud.org/wp-content/uploads/2020/04/Agrisud_Guide_Agroecologie_2020.pdf