Le compost

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Définition :

Le compostage est un processus biologique aérobie (qui nécessite de l’oxygène) de conversion et de valorisation des matières organiques (sous-produits de la biomasse, déchets organiques d’origine biologique) en un produit stabilisé, hygiénique, semblable à un terreau, riche en composés humiques qui est le compost [1].

Compost

Avantages :

En plus d’apporter les éléments nécessaires à la croissance des plantes, l’ajout de compost améliore la structure du sol. Il permet d’accroître le taux d’humus et stimule la vie microbienne du sol.

Il désodorise les déjections animales et détruits certains germes pathogènes et graines d’adventices. C’est la combinaison de montée en température et de facteurs biochimiques de la dégradation qui assure cette destruction. C’est un avantage très important pour l’agriculture biologique.

Une étude au Sénégal a montré que son ajout aux pieds des plants d’Artemisia annua réduit de moitié les attaques de bioagresseurs par rapport à l’utilisation d’un engrais chimique adapté. On y a également montré que le rendement en biomasse est aussi bon avec du compost (en particulier à base de fientes de volailles riches en azote) qu’avec cet engrais [2].

Le sol doit être fumé avec du compost organique bien fermenté soit avant la plantation soit immédiatement après la première récolte [3].

Préparation

  • 1
    Choisir un lieu accessible facilement,
     si possible abrité du soleil, du vent et de l’eau.
  • 2
    Monter un abri
    suffisamment haut pour pouvoir protéger le compost de l’excès d’eau et du soleil peut-être intéressant.
  • 3
    Planter des haies vives
    autour des compostières est intéressant pour maintenir l’humidité et apporter des matières végétales.
  • 4
    Creuser des rigoles
    d’évacuation de l’eau autour de la compostière en zone humide .
  • 5
    Effectuer des couches successives

    – matières sèches (10 cm environ),
    – matières fraîches (5 cm environ),
    – déjections animales.

    Éventuellement une fine couche de :
    – poudre d’os riche en phosphore.
    – cendres riches en potasse.

  • 6
    Répéter ces couches successives

    pour atteindre au moins 1 m.

    NB : Il est aussi possible d’effectuer une couche de matières sèches (MS) puis une couche de matières fraîches (MS) ou de déjections animales (DA) en alternance.
    (MS – MF – MS – DA – MS – MF – MS – DA – MS – … )

Pour l’étape 5 :

Mesures à titre indicatif :

  • Matières sèches (10 cm environ, selon la finesse et densité des matériaux) : pailles (à privilégier pour le paillage avant tout), herbes, glumes, feuilles sèches (sauf eucalyptus), coques d’arachides ou de palmier (en couche plus fine car plus lente à se décomposer), déchets de cacao, déchets de coco et autres végétaux secs segmentés.
  • Matières fraîches (5 cm) : matières végétales, fanes, palmes, légumineuses, feuilles d’arbres, pelures, … pas trop grosses ou hachées. Ne pas utiliser des branches de plus de 1 cm de diamètre car elles prennent trop de temps à se décomposer !
  • Déjections animales : fientes de poules (2 cm), déjection de bovin, porc, crottin d’âne ou de cheval, lisier, purin, … (2 à 5 cm) accélérant la décomposition. Adapter l’épaisseur si les déjections sont mélangées à de la litière. [4]
Veiller à  bien arroser  entre chaque couche pour lancer le processus de décomposition !

Le compost doit toujours être en contact avec la terre qui est le réservoir naturel en organismes permettant la décomposition des matériaux.

Dans les régions arides, il est conseillé de faire le compost dans des fosses pour conserver l’humidité.

Dans les régions humides, le compost peut être mis en tas de 1 m de haut sur 1,5 de diamètre, dans une cage de bois (1m³) laissant passer l’air ou en andain de 1 m de haut sur 1 m de large (longueur en fonction du besoin) [4].

Protéger la surface du soleil et du vent en la recouvrant de pailles, feuilles de palmier, terre (en région sèche) ou autre matériel local afin de conserver le compost bien humide.

NB : Afin d’avoir une bonne décomposition, il faut avoir un bon rapport C/N (matières carbonées/matières azotées).

 

Entretien

  • 1
    2 semaines après
    le montage des couches, contrôler que le processus de décomposition soit bien lancé en plantant un bâton pendant 5 à 10 minutes au cœur du compost. Le bâton doit être chaud (60° à 70°C).
    Si ce n’est pas le cas :
    – humidifier le compost s’il est sec par endroit
    – ajouter des matières fraîches et/ou déjections animales (manque de matières azotées par rapport aux matières carbonées). [5]
  • 2
    Arroser
    une fois par semaine en région sèche afin que le compost reste humide OU en cas de dessèchement en région humide.
  • 3
    Contrôler l’humidité
    régulièrement en prélevant une poignée de compost vers le milieu du tas.
    – Si du jus coule du compost en serrant fort cette poignée, c’est trop humide donc il faut arroser moins.
    – Si rien ne coule du compost en serrant fort cette poignée et qu’elle s’effrite lorsqu’on ouvre le point, c’est trop sec donc il faut arroser plus.
    – Si rien ne coule du compost en serrant fort cette poignée et que le compost reste aggloméré lorsqu’on ouvre le point, l’humidité est bonne.
  • 4
    Contrôler la température
    du compost régulièrement avec la méthode du bâton.
  • 5
    Retourner le compost
    à un autre emplacement (ou trou) lorsqu’il se refroidit (test du bâton), généralement toutes les 2 à 4 semaines. Cela permet de garder une bonne aération. Après le retournement, le compost doit être le plus homogène possible, les couches mélangées et les parties extérieures ramenée au milieu.
  • 6
    Arroser à chaque étape
    pour relancer la décomposition avec une bonne humidité (test de la poignée).
    NB : 4 emplacements sont généralement nécessaires pour répéter cette étape à chaque refroidissement.
    Il faut alors régler le problème par retournement ou apport de matériaux carbonés pour avoir un bon compostage.
  • 7
    Si le compost sent
    mauvais ou si il y a des moucherons, c’est qu’il y a un manque d’aération, excès d’humidité ou apport de matériaux azotés trop important (menant à une fermentation avec des zones humides anaérobiques).
    Il faut alors régler le problème par retournement ou apport de matériaux carbonés pour avoir un bon compostage.

Finition

  • 1
    Le compost est mûr

    lorsqu’il est homogène (on ne sait plus distinguer les matériaux d’origine) et ne chauffe plus, au bout de 2 à 4 mois environ. Il est alors léger, humide et aéré, de couleur brun foncé et sent bon comme la forêt.

  • 2
    Tamiser
    de manière grossière avant utilisation pour retirer les matières non décomposées (bois, tiges, …) qui pourront être réutilisées dans la préparation initiale du prochain compost.

 

Références

1. Mustin, M. Le compost : gestion de la matière organique, François Dubusc, 1987.

2. Sougnez A. Étude des principaux facteurs de la production de l’armoise annuelle (Artemisia annua L. sur le domaine de l’organisation « Le Relais – Sénégal) : Effet de la densité et de la fertilisation. Mémoire de master bioingénieur en sciences agronomiques, sous la direction de Pr. Guy Mergeai, Gembloux, Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), 2017.

3. World Health Organization, Directives OMS sur les bonnes pratiques agricoles et les bonnes pratiques de récolte (BPAR) relatives aux plantes médicinales, 25-avr-2018. [En ligne].
Disponible sur : http://apps.who.int/medicinedocs/en/d/Js5526f/.

4. AGRISUD, L’agroécologie en pratiques – GUIDE édition 2010, 2010. [En ligne].
Disponible sur : http://www.agrisud.org/wp-content/uploads/2013/05/Guide_Francais.pdf.

5. Inckel M. et al., La fabrication et l’utilisation du compost, Agrodok 8, 2005. [En ligne].
Disponible sur : https://cgspace.cgiar.org/bitstream/handle/10568/73154/AD8fr.pdf?sequence=1.